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Partie IV · Décider · Chapitre 10

Chapitre 10

La prévision opérationnelle

Vous savez lire le ciel, un émagramme, une carte. Reste le geste du quotidien : ouvrir trois sites la veille au soir, deux balises le matin, regarder le ciel au déco ou au départ du sentier — et en tirer une décision. Ce chapitre est celui de la méthode : quels outils, dans quel ordre, avec quelle confiance.

28 min de lecture · 11 figures · 6 illustrations animées

L'essentiel en deux minutes

Une prévision est le résultat d'un modèle : un programme qui découpe l'atmosphère en petites boîtes (la maille) et calcule leur évolution. Plus la maille est fine, plus le relief est fidèle. AROME (environ 1,3 km) et ICON-D2 (environ 2 km) voient les grandes vallées ; ECMWF (environ 9 km) et GFS (13 à 25 km selon les produits) voient des Alpes rabotées, aux sommets abaissés de plusieurs centaines de mètres et aux vallées comblées. Conséquence directe : le vent sur les crêtes, les inversions de vallée, les brises et l'heure exacte des orages sont les points faibles de toute prévision en montagne.

La fiabilité baisse avec l'échéance, et pas au même rythme pour tout : la situation générale se prévoit à cinq jours, le plafond à deux, l'orage sur tel massif à telle heure presque jamais avec certitude. Pour mesurer cette incertitude, on regarde plusieurs modèles côte à côte, ou mieux un ensemble : trente ou cinquante versions de la même prévision. Serrées, on peut s'y fier ; écartées, on attend.

La méthode tient en un entonnoir : à J-3, « y a-t-il une fenêtre ? » ; la veille, « quel site, quelle heure ? » ; le matin, « la prévision tient-elle ? » — on compare ce qui était prévu pour 9 h ou 10 h avec ce que mesurent les balises ; au déco ou au départ, on regarde le ciel. Enfin, on se cale soi-même : en notant pour chaque vol le prévu et le constaté, on apprend en une saison de combien son modèle préféré se trompe sur ses sites. Côté rando, même logique : bulletin montagne, isotherme 0 °C, heure probable des orages, et une heure de demi-tour fixée avant de partir.

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  1. 10.1Ce qu'est un modèle, en une image
  2. 10.2Ce que les modèles voient mal en montagne
  3. 10.3Échéance, fiabilité et ensembles
  4. 10.4La boîte à outils
  5. 10.5Lire un windgram
  6. 10.6Lire une balise
  7. 10.7La prévision tient-elle ? Confronter prévu et mesuré
  8. 10.8L'entonnoir : de la veille au déco
  9. 10.9Se caler soi-même : le carnet prévu / constaté
  10. 10.10Côté randonnée : bulletin, isotherme, horaire
  11. 10.11Check-lists de terrain

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Lexique du chapitre#

Maille
Côté des boîtes dans lesquelles un modèle découpe l'atmosphère. Un modèle ne décrit correctement que les phénomènes plus grands que cinq à huit mailles.
Run
Un calcul complet d'un modèle, désigné par son heure de départ en temps universel (« run de 06 h UTC »). Publié plusieurs heures après cette heure.
Échéance
Délai entre le départ du calcul et l'heure prévue. La fiabilité baisse quand l'échéance augmente, plus ou moins vite selon le paramètre.
Ensemble (prévision d'ensemble)
Série de prévisions du même modèle partant d'états initiaux légèrement différents. L'écart entre les membres mesure l'incertitude.
Couche limite (couche de frottement)
Couche d'air brassée par le sol (thermiques, frottement). Sur un windgram, sa hauteur donne le plafond thermique.
Windgram
Graphique heure × altitude d'un site : vent, plafond, nuages par étage, pluie. Outil central du pilote la veille.
Point de grille
Boîte du modèle qui contient le lieu demandé, à l'altitude du relief lissé — pas forcément celle du déco ou du sommet.
Plan B
Itinéraire, site ou programme de repli décidé à l'avance, praticable si la journée tourne mal.